Je restitue dans cet article mon cheminement pour choisir le système de chauffage le mieux adapté à la maison.
Caractéristiques souhaitées
L’ancien chauffage était constitué d’une vieille chaudière au gaz de ville et d’un réseau de radiateurs avec tuyauterie en cuivre. Vu la vétusté générale de la maison, et du chauffage en particulier, j’ai décidé de tout remettre à plat pour repartir sur des bases (beaucoup) plus saines. À ce titre, je souhaite que mon chauffage présente les caractéristiques suivantes :
- Utilisant au mieux les ressources naturelles à notre disposition
- Adapté à un plancher chauffant et à des murs chauffants
- Conçu pour fournir à la fois l’eau chaude sanitaire et le chauffage
Le chauffage solaire thermique

Dès le départ de cette réflexion, j’ai été particulièrement intéressé par la mise en œuvre d’un chauffage utilisant au maximum l’énergie solaire : j’ai un pan de toiture orienté plein sud et avec peu de masques (ombres).
En effet, l’énergie solaire pour le chauffage est celle que l’on peut utiliser sans nécessité de transport de combustible, sans transformation préalable avant consommation, illimitée… et gratuite !
En revanche à Amplepuis, le soleil n’est a priori pas suffisamment présent pour assurer à lui seul tous les besoins en chauffage des froides journées d’hiver ! Si le choix d’utiliser le solaire pour le thermique peut s’avérer pertinent, il faut donc prévoir dès le départ un système de chauffage complémentaire.
Au fil de mes premières recherches sur le solaire thermique, voici les principaux points d’attention que j’ai identifiés :
- Pour éviter la surchauffe en été (alors qu’on n’a pas trop besoin de chauffage) et maximiser la captation en hiver (alors qu’on a bien besoin de chauffage !), il est important d’appliquer une forte inclinaison aux capteurs. Et donc éviter de les intégrer à la toiture, qui aura une pente trop faible.
- La plupart des capteurs solaires thermiques vendus en France sont verticaux. Or ce n’est pas adapté à une pose en toiture différente de la pente du toit : c’est très moche, et surtout cela les fragilise en cas de tempête. Les capteurs les plus adaptés seront donc horizontaux.
- Ne pas surdimensionner sa surface de capteurs : cela augmente également les risques de surchauffe du circuit… et nécessite soit de laisser fonctionner le chauffage dans la maison en été (!), soit de complexifier le système avec une « boucle de décharge », qu’on peut résumer à des radiateurs placés à un endroit où cela ne gêne pas. Certains chauffent l’eau de leur piscine avec, mais dans mon cas ce n’est pas du tout au programme.
- Avoir au moins 2 ballons d’eau chaude : le premier qui contient l’eau chaude sanitaire préchauffée par le soleil, et le second qui est le véritable ballon de stockage de l’eau chaude sur lequel le système de chauffage d’appoint apporte le complément pour obtenir la température souhaitée.
Pour l’achat du matériel, il faut de plus garder à l’esprit que les aides financières telles que le crédit d’impôt ont eu pour effet pervers de faire monter les prix artificiellement, ce qui fait que ce type de matériel reste cher au final.
L’appoint gaz
Le gaz de ville est la solution de facilité pour compléter le solaire thermique quand il y en a besoin :
- La maison est desservie en gaz de ville
- Les chaudières à condensation ont un rendement respectable, pour un prix d’achat inférieur aux autres énergies telles que le bois (environ 2500€)
- L’installation est simple
Pour autant, cette solution de facilité n’élude pas ses inconvénients :
- Énergie fossile non renouvelable
- Production non locale
- Hausse des prix à prévoir régulièrement (rien que +5% en 2017)
- L’abonnement à Amplepuis est bien plus cher que dans une métropole telle que Lyon
Donc ok, solaire thermique + gaz de ville, ça se fait. Il y a même des matériels bi-énergie tout inclus. Mais les inconvénients ne sont pas en cohérence avec l’esprit de mon projet, qui vise à faire des choix raisonnablement plus écologiques que cela.
Les granulés de bois
C’est la solution « écologique » en vogue. Pourtant, le matériel reste cher (compter 10000 euros rien que pour l’achat). Les chaudières à granulés de bois puisent dans une réserve de granulés qui peut prendre différentes formes : container enterré, réservoir en tissu, ou autre réserve fabriquée « maison » et communiquant avec la chaudière par un système d’aspiration ou de vis sans fin.
Évidemment, il faut prévoir de réserver une partie de la maison pour stocker les granulés (4m³ me donneraient une autonomie de plus d’un an). Et comme la maison est petite, la chaudière serait installée dans le garage, tandis que la réserve de granulés serait logée sous la toiture du garage : ils n’auraient alors qu’à descendre de quelques dizaines de centimètres pour être utilisés par la chaudière. Mon espace serait donc optimisé.
Les granulés de bois sont consumés par la chaudière selon un certain nombre de réglages correspondant aux besoins de l’utilisateur. Comme tout système de chauffage moderne, il peut se coupler à du solaire thermique. Le seul problème, c’est le prix d’un tel système granulés+solaire : avec déjà près de 18000 euros rien que pour le seul chauffage à granulés, il faudrait encore ajouter au moins 10000 euros pour la partie solaire thermique. Cela semble assez hors de portée, et je ne parle même pas de « rentabilité » à long terme : on doit bien dépasser les 40 ans avant amortissement.
Autre point critique : la fabrication du combustible. Les granulés de bois sont présentés par leurs vendeurs comme un produit très écologique : il serait issu des « déchets » de scieries et neutre en CO2. Mais la réalité est plus complexe, surtout à mesure que cette énergie se popularise :
- La fabrication nécessite de consommer de l’énergie… qui peut être d’origine fossile ! Cela concerne notamment les étapes de séchage et de compression, sans compter le transport entre le producteur et le consommateur. On comprend mieux pourquoi certains groupes pétroliers célèbres se mettent aux granulés de bois !
- La demande en France est maintenant tellement forte que l’importation est de plus en plus courante. Il y a donc du pétrole consommé en abondance pour son transport jusqu’au consommateur.
- Autre effet pervers : au lieu d’aller importer des granulés de bois à l’étranger, il est aussi possible de couper et broyer intégralement des arbres entiers. On s’éloigne bien de l’idée de valorisation des déchets de scierie !
Donc avant de choisir cette énergie, il est à mon avis primordial d’aller se renseigner sur son approvisionnement local. De mon côté, j’ai plusieurs pistes intéressantes autour d’Amplepuis, avec des producteurs de granulés de bois qui s’approvisionnent dans les scieries aux alentours, qui utilisent de la sciure comme énergie pour le séchage et la compression, et qui naturellement sont à moins de 20km de chez moi.
Le bois-bûche
Les chaudières à bois utilisant des bûches ont fait des progrès remarquables au cours des 10 dernières années. Le principal objet des améliorations porte sur la combustion du bois, plus propre car contrôlée beaucoup plus finement. La pollution en sortie de cheminée est donc fortement réduite, la chaudière s’encrasse beaucoup moins et produit moins de cendres que les cheminées à insert.
L’idée générale de ces chaudières est de consumer une certaine charge de bois pendant 3 à 5 heures entièrement et continuellement. Puis de stocker la chaleur produite dans un ballon tampon (BT). Cette chaleur est alors utilisée progressivement pendant environ 24 heures pour le chauffage et/ou l’eau chaude sanitaire, sans nécessité de nouvelle combustion.
L’avantage des bûches sur les autres combustibles est qu’il est facile de s’en procurer localement et qu’elles nécessitent peu d’énergie à produire.
Côté prix des chaudières, on n’est par contre pas très loin des chaudières à granulés de bois (compter à partir de 8000€ de matériel).
Mais il y a aussi de gros inconvénients :
- Il faut recharger tous les jours ou presque. Les systèmes de chargement automatique pour plus de 24 heures sont rares et plutôt réservés au petit chauffage collectif.
- Le stockage du bois est autrement plus complexe que celui des granulés : une bûche ne peut pas être aspirée ni suivre une vis sans fin pour alimenter la chaudière. Pour mon cas, il serait également très difficile d’utiliser mon volume sous toiture du garage pour le stockage : je devrais donc prendre du volume ailleurs, et j’en ai peu de disponible.
Il existe enfin des chaudières bi-énergie bûches+granulés qui tendent à atténuer un peu ces inconvénients, mais qui sont plutôt conçues à mon avis pour que les granulés soient un appoint aux bûches plutôt que l’inverse. Cela ne change donc pas fondamentalement le problème.
L’heure des choix

Le chauffage solaire thermique était mon premier choix à l’origine. Mais j’ai dû réaliser l’importance du choix d’un chauffage « d’appoint » car j’allais forcément tomber en manque de capacité de chauffe en hiver.
Pour ce qui est du chauffage que je jugeais complémentaire, j’ai plutôt maintenant tendance à penser que c’est lui qui sera le chauffage principal, et qu’il sera complété par le solaire thermique. Mon choix porte donc sur une chaudière à granulés de bois dont j’ai étudié attentivement la filière de production locale.
Problème financier, maintenant : je n’ai pas l’intention de passer 30000 euros dans un système à granulés de bois complété par le solaire thermique. Pourtant, c’est vers ce système que je souhaite arriver à terme. Alors la solution que je retiens est :
- De faire installer dans un premier temps une chaudière à granulés de bois pour l’eau chaude sanitaire et le chauffage. Cela me permet de me concentrer sur mes autres travaux et d’emménager dans le courant de l’été 2017 (et oui, il ne faut pas perdre cet objectif de vue !).
- D’auto-installer un système solaire thermique en complément, avec l’aide de formations et d’accompagnements adéquates, comme je le fais déjà pour tous les autres travaux de la maison.
Au sujet de l’auto-installation de solaire thermique, je ne saurais que conseiller l’association APPER. Son site est une mine d’informations et de témoignages, et son livre Installer un chauffage ou un chauffe-eau solaire fait prendre conscience des enjeux (et aussi potentiellement de la complexité) de ces systèmes.
Néanmoins, il sera assez difficile de trouver un professionnel prêt à faire de l’accompagnement à l’auto-installation. Et comme je n’ai pas les connaissances nécessaires, je ne suis pas non plus prêt à me tourner vers ce genre de travaux par moi-même. Bref, pour le solaire thermique, il est autrement plus compliqué de trouver de l’aide que pour tous les autres travaux de la maison.
Espérons que cela change dans les années à venir ! Sinon j’expérimenterai uniquement sur la production d’eau chaude sanitaire solaire, c’est déjà plus à la portée d’un bricoleur !
Une réflexion sur “Chauffage : l’étude”
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